Fouta Djallon - République de Guinée - Afrique de l'Ouest

La santé au Fouta Djallon

 

 

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La santé de la population à l’époque coloniale 

(Source : Vieillard, Gilbert : Notes sur les Peuls du Fouta Djallon. Paris, 1940. Bulletin de l’Institut français d’Afrique noir, Année 1940. Tome second, pp. 150ff.)

Note: Gilbert-Pierre Vieillard, né le 31 décembre 1899 à Le Havre et mort le 19 juin 1940 (à 40 ans) en Lorraine était un ethnologue et linguiste spécialiste des questions Peules. Il a étudié l'arabe, le haoussa et le peul à l'Institut des Langues orientales à Paris. Stagiaire des Services Civils (Affaires économiques) à Dakar, Ouagadougou et Say. Puis stagiaire à l'École Coloniale. Administrateur détaché à l'Institut Français d'Afrique noire (à l'époque dirigé par Théodore Monod) où a été déposé le fonds documentaire, Gilbert Vieillard comprenant notamment la transcription de littérature peule orale. Gilbert Vieillard a fait rentrer l'écrivain Peul Amadou Hampâté Bâ à l'IFAN. Il a laissé un héritage considérable et les documents qu'il a recueillis constituent le fonds de manuscrits le plus important de l'IFAN. Source: http://fr.wikipedia.org (10/12/2014)

« Amélioration de l’état physique : Les Peuls sont au Soudan une race relativement peu robuste et peu saine. Ils s’en rendent compte eux-mêmes et le constatent mélancoliquement : les fils des concubines noires sont beaucoup mieux portants que les fils des épouses peules. Est-ce la nourriture trop peu riche et variée de leurs ancêtres pasteurs, buveurs de lait caillé ? Est-ce le climat cruel aux Blancs ? Toujours est-il que c’est une race de « créoles » qui trouvera le salut dans la fabrication de mulâtres de plus en plus nigritisés.

Il ne semble pas que la conquête européenne ait amélioré en quoi que ce soit, l’état physique des races du Fouta Djallon. Le régime alimentaire n’a été enrichi que pour les ouvriers et les employés des entreprises européennes, c’est-à-dire pour une infime minorité, et notre action médicale est négligeable, faute de personnel, faute d’argent, faute de confiance de la part de la population.

Augmentation ou diminution de la natalité. Aucun chiffre digne de foi ne peut être fourni : on peut seulement assurer que la mortalité infantile reste considérable : un tiers ou la moitié des naissances, quand on interroge les mères. D’autre part, les naissances se suivant à peu près tous les trois ans, l’allaitement durant plus de deux ans ; les femmes stériles sont assez nombreuses, conséquence probable de la fréquence des maladies vénériennes.

Les médecins européens sont très peu nombreux : cinq postes administratifs sur huit dépourvus de doktoro en 1937. Quant au personnel auxiliaire indigène, il ne devrait être utilisé que sous les ordres directs d’un Européen.

L’activité de ces fonctionnaires médicaux est absorbée par les petites agglomérations de Blancs et d’employés de Blancs. Quelles que soient leur activité et leur compétence, ils sont à peu près désarmés devant l’immensité des secteurs médicaux qui leur sont théoriquement assignées.

Les consultations : Dispensaires et maternités. Cette clientèle citadine arrive à donner des chiffres imposants dans les colonnes des statistiques : un individu qui va faire panser chaque jour, pendant des mois et des années, un ulcère inguérissable, fournit365 consultations par an… Il suffit d’une dizaine de cas semblables pour donner l’illusion d’une activité médicale intense. Chaque matin, la consultation amène une file plus ou moins longue « d’habitués », mais il ne faut pas se dissimuler que la majeure partie de la population ignore complètement le médecin. Un profane ne peut se permettre de porter un jugement sur la valeur du personnel, mais constater seulement qu’il n’atteint pas la masse. Pour ne pas être découragé, il faut se rappeler combien la conquête médicale de la campagne française a été difficile malgré des conditions beaucoup plus favorables.

Mollien, qui parcourait le Fouta Djallon en 1812, était souvent consulté par les malades, il a noté la fréquence « du mal de Naples, de la goutte et des goîtres » (Voyages, 1822, II,83), le mauvais état des dents, la rareté des aveugles et l’absence du ver de Guinée (sans doute faut-il entendre par « goutte » les douleurs articulaires (djoykkule) d’origines diverses, dont se plaignent les indigènes). Ce tableau est à peu près le même aujourd’hui. Peut-être les maladies vénériennes se sont-elles propagées davantage, en compagnie de la maladie du sommeil qui haute les galeries forestières. En tout comme au temps de Mollien, les malades demandent secours à tous les Blancs qui passent, lorsque ceux-ci sont d’un abord facile : cette confiance est touchante, mais que sa science est à court ? Il ne peut que leur conseiller d’aller au chef-lieu vor le médecin : conseil rarement suivi. Car c’est loin, à plusieurs journées de marche, et surtout il faudra y séjourner ; les noirs confondent magie et médecine : ils sont déçus si l’amélioration n’est pas immédiate ; s’il faut un traitement leur méfiance se réveille. Et surtout comment se loger, comment se nourrir, dans ces agglomérations de déracinés et de gens de mauvaise vie que sont les villes des Blancs ?

Le problème de l’hébergement se pose ici, comme d’ailleurs en d’autres domaines : autrefois les différents clans des centres politiques avaient le devoir d’entretenir « leurs gens », lorsque ceux-ci venaient du fond de leur province, à charge de revanche : chacun connaissait son amphitryon héréditaire (berbero, ververbe), celui qui lui devait l’hospitalité. D’autre part, les chefs de canton et de village ont encore l’obligation d’entretenir les hôtes, sans que leur rémunération soit prévue : certains sont victimes de graves abus, surtout dans les centre européens, où ils sont chargés d’entretenir le personnel des fonctionnaires en tournée ; d’autres se rattrapent en exigent de leurs administrés des cotisations souvent supérieures à leurs besoins. En ce qui concerne les malades forains, peut-être pourrait-on créer des campements cantonaux, formés de huttes indigènes légèrement améliorées qui pourraient servir de modèles pour l’éducation hygiénique des populations.

Les tournées hebdomadaires paraissent avoir en nombre d’endroits un certain succès, mais elles ne sont possibles qui là où existent des routes : elles pourraient être associées à des marchés, dont le besoin se fait sentir, et faire un peu de publicité, profiter des griots, quelque chose comme un honnête charlatanisme ; ne pas compter, comme toujours, sur la seule contrainte, pour convoquer les malades.

Les maternités réussissent à attirer quelques femmes de fonctionnaires indigènes et d’employés de commerce. Les coutumes s’opposent trop à l’accouchement hors de la famille : le baptême de l’enfant doit avoir lieu une semaine juste après la naissance ; mais les accouchées ne peuvent sortir avant le sixième jour de nos maternités. C’est un motif de plus pour en écarter les jeunes mères. Faut-il ajouter qu’une sage-femme, agent de liaison entre le monde féminin et le médecin, devrait toujours connaître la langue du pays où elle sert ? D’une façon générale, le succès en ces matières dépend de la personnalité du médecin. Ici, les fonctionnaires consciencieux sont insuffisants.

L’éducation hygiénique est entièrement à faire, et l’ignorance des individus donne un malheureux résultat à certaines de nos initiatives. Par exemple, nous distribuons des vêtements pour les petits enfants, mais la mère les leur fera porter toute la journée, par vanité, puis les leur enlèvera quand elle sera rentrée chez elle, et que tombera la fraicheur du soir. De même, mieux vaut un enfant nu qu’un enfant aux langes rarement lavés, etc… L’enseignement de l’hygiène est d’ailleurs partie des programmes de nos écoles, et une partie essentielle, mais qui ne donnera de résultats pratiques que s’il est donné en langue indigène : j’ai entendu un enfant réciter : « les moustiques donnent la fièvre », sans savoir que les moustiques étaient les sonsoli de sa langue maternelle. »

 
La santé et l'hygiène de nos jours 
[haut]

(Source : Région Administrative de Labé, Stratégie régionale de réduction de la pauvreté. 2007, pp. 50ff.)

La région de Labé abritait en 1996 une population de 799 545 habitants (RGPH 1996). L’indice synthétique de fécondité est assez élevé : 5,1% (EDS 1999) ; ce qui traduit un taux de croissance intercensitaire de l’ordre de 2%. La planification familiale y est très peu pratiquée et par conséquent, l’évolution démographique non maîtrisée. Cette augmentation de la population surtout infantile fait que l’accès aux services de santé dans la région se pose avec plus d’acuité en dépit des efforts déployés ces dernières années.

Ainsi, le taux d’accès (en moyenne 30 minutes pour se rendre dans un établissement sanitaire le plus proche) des populations aux services de santé est de 27% et le taux de consultation auprès des praticiens de la santé y est de 13,8% contre respectivement 40,8% et 18,4% au niveau national (QUIBB 2002). La région se distingue aussi des autres par une grande proportion de malades (31,1%) qui ne se sont pas faits consulter évoquant la cherté des prestations. Elle enregistre en plus la plus faible proportion de femmes ayant reçu des soins prénatals (57,1% contre une moyenne nationale de 73,3%) et la plus forte proportion des femmes (84,4%) accouchant à la maison sans assistance médicale.

Selon la même source, sur l’ensemble des personnes ayant effectué une consultation dans une formation sanitaire, 47% ne sont pas satisfaites des prestations reçues contre (53,2%) au niveau national. Les raisons invoquées sont les suivantes :

  • Coûts (46,7%),

  • Traitements inefficaces (25,1%),

  • Longue attente (23,0%),

  • Pas de médicament (20,6%),

  • Personnel pas formé (5,0%),

  • Service pas propre (1,2%) et

  • Autres (13,1%).

Le paludisme (voir carte suivante), les infections respiratoires aiguës (IRA), les helminthiases et les maladies diarrhéiques ont constitué les principales causes de consultations dans les formations sanitaires de la région en 2004.

En outre, les maladies identifiées en 2004 comme étant les principales causes d’hospitalisation dans les formations sanitaires de la région sont :

  • Le paludisme avec 1294 cas,

  • Les IRA avec 433 cas,

  • Les hernies avec 326 cas, dont 236 dans la préfecture de Mali et

  • Les traumatismes avec 138 cas.

Pour la même année, le paludisme (24 cas de décès), le diabète, (9 cas), les IRA (6 cas) et l’hypertension artérielle (4 cas) ont été les causes principales de mortalité dans les formations sanitaires de la région en 2004. Il apparaît que le paludisme est de loin la principale cause de consultation, d’hospitalisation et de décès dans la région qui, du reste manque de centres d’imprégnation de moustiquaires.

Il faut par ailleurs noter la pratique illégale de la médecine par des agents non assermentés aussi bien dans les villes que dans les campagnes. A cela s’ajoute la forte tendance de la population dans la région à consulter les guérisseurs traditionnels/ marabouts certainement à cause de la proximité des services et de leurs coûts abordables. Ce qui dénote de l’importance de la médecine traditionnelle dans la région.

Répartition des principales causes de consultations dans les formations sanitaires de la région en 2004 [haut]

Source : Rapport enquête SRRP Labé, août 2005

La malnutrition constitue l’une des causes principales de morbidité et de mortalité.

Les enfants de moins de 5 ans représentent le groupe le plus vulnérable. Du point de vue des indicateurs nutritionnels, Labé a le taux régional d’émaciation le plus élevé (15,4% contre une moyenne nationale de 11,2%), le taux régional de retard de croissance le plus élevé (35,1% contre 32,7% au niveau national), un taux d’insuffisance pondérale de 27,2% contre 20,8% au niveau national. Cette malnutrition est principalement due à :

  • L’utilisation précoce et inadaptée des bouillies à base de céréales sans aucun enrichissement en protéines,

  • La mauvaise prise en charge diététique des enfants lors des périodes de maladie et de convalescence,

  • Le faible revenu des foyers,

  • L’absence d’un programme cohérent d’éducation alimentaire et nutritionnelle et

  • Le faible niveau d’instruction des mères.

Taux de couverture vaccinale de la région [haut]

Source : Rapport enquête SRRP Labé, août 2005

Il ressort du tableau précédent, une évolution en dents de scie et parfois même une diminution du taux de couverture vaccinale (voir carte). Ce qui s’expliquerait par l’insuffisance du personnel de santé, l’éloignement des centres de santé et l’enclavement de certains villages.

D’une manière générale, les indicateurs sanitaires et nutritionnels dénotent de problèmes principalement liés à l’insuffisance de la couverture de la région en infrastructures sanitaires de base, notamment en postes de santé, à l’insuffisance d’équipements, à l’insuffisance de personnel qualifié, à l’insuffisance et au prix élevé des produits pharmaceutiques, au faible accès à l’eau potable et au faible niveau d’hygiène et d’assainissement.

Au plan infrastructurel, Labé compte aujourd’hui : 1 hôpital régional en état de dégradation, 4 hôpitaux préfectoraux (dont un en état de dégradation), 58 centres de santé (17 en mauvais état) et 104 postes de santé dont 24 en mauvais état. Une trentaine de districts attend encore d’être couverts en postes de santé (Rapport focus groupe santé, avril 2005). Pour le moment leurs populations n’ont d’autre choix que de se rendre dans des structures sanitaires, le plus souvent difficilement accessibles par elles (tant par la distance que par la mauvaise qualité des pistes) et/ou de se rendre purement et simplement dans le chef-lieu de préfecture ou de région avec ce que cela représente en termes de coût. Celles qui n’ont pas les moyens de surmonter cet obstacle sont, en quelque sorte, obligées d’avoir recours aux services des tradi-thérapeutes ou à l’auto médicamentation, encourant ainsi parfois de très graves dangers.

En ce qui concerne les équipements, la plupart de ce qui existe est en mauvais état de fonctionnement sans compter les nouveaux besoins à combler portant, entre autres, sur des tables de consultation, tables d’accouchements, échographe, monitoring fœtal, matériels KIT, matériels d’ostéosynthèse, électrocardiogramme, panneaux solaires, ambulances, réfrigérateurs, motos, radios communication.

S’agissant du personnel, le tableau suivant montre la situation actuelle dans la région, situation qui relève l’insuffisance du personnel. On y note une grande disparité entre Labé et les autres préfectures. Cette disparité touche également les catégories professionnelles. Par exemple, avec 4 médecins et une population estimée en 1999 à 137.273, Lélouma a un rapport de 1 médecin pour 34.318 habitants au lieu 1 médecin pour 1.500 habitants, selon les normes de l’Organisation Mondiale de la Santé.

Le personnel de santé est réticent à rejoindre les postes d’affectation jugés inconfortables et trop éloignés. Les CRD de Fello Koundouwa (Tougué), Gadha Woundou (Koubia), Balaki, Dougountouni, Hidayatou, Touba et Madina Wora dans la préfecture de Mali sont dans cette situation (Etude CRD et SRP, février 2004). Outre l’insuffisance numérique, il faut aussi signaler le faible niveau de qualification, surtout au niveau des agents techniques de santé. Egalement, l’éthique et la déontologie ne sont pas toujours respectées. Ce qui se traduit par des pratiques relatives au mauvais accueil des patients, à la sur tarification, à la mauvaise gestion des ressources financières (y compris les fonds d’indigence) et matérielles.

Avec une population estimée à 957.409 habitants (QUIBB 2002), la région compte 1 médecin pour 23.351 habitants et 1 sage-femme pour 136.773 habitants.

Les formations sanitaires, en particulier les centres et postes de santé connaissent une rupture fréquente de leur approvisionnement en médicaments et en consommables. Or, à l’exception du chef-lieu de région qui compte 5 pharmacies, les autres préfectures de la région ne disposent, en général, que d’une seule pharmacie. Les prix pratiqués dans ces officines sont hors de portée de la grande majorité de la population, quand ce n’est pas le produit prescrit qui manque. Ce qui encourage la vente illicite des produits pharmaceutiques qui font encourir parfois de graves dangers aux populations.

Répartition du personnel de santé de la région selon la catégorie professionnelle et par préfecture [haut]

Source : Focus groupe santé, avril 2005

La qualité des services actuellement rendus est également affectée par les problèmes de gouvernance à tous les niveaux; par exemple, les comités de gestion des centres et des postes de santé ne fonctionnent pas correctement ; les communautés ne sont pas convenablement impliquées dans la gestion des ressources. La traçabilité de l’exécution des fonds d’indigence dans les hôpitaux préfectoraux n’est pas établie.

La région compte quelques formations sanitaires privées (voir tableau suivant), en particulier dans la ville de Labé. Ce qui parait, à première vue être un atout en termes de dispensation de meilleurs soins. Cependant la qualité des services rendus n’est pas évidente. Le niveau des prestations est en dessous des coûts pratiqués. L’esprit lucratif semble prendre le dessus sur la déontologie médicale. Le contrôle et la supervision de ces formations sanitaires par les services administratifs souffrent de laxisme et de corruption. Cette situation ne favorise pas forcément la préservation de la santé des populations et accentue le phénomène de paupérisation.

Situation des formations sanitaires et pharmacies privées de la région [haut]

Source : Rapport enquête SRRP Labé, août 2005

La santé publique est également affectée par la négligence de l’hygiène et de l’assainissement. La protection des aliments à consommation directe (salade, pain, légumes et autres crudités) n’obéit à aucune norme. Les gargotes et les restaurants ne sont apparemment soumis à aucune réglementation. Les services publics n’existent que de nom. Les populations montrent une certaine indifférence et attendent tout de l’administration. Les agglomérations sont dépourvues de réseaux d’assainissement. La collecte, le transfert et le traitement des ordures sont mal assurés. Les dépotoirs des déchets sont mal choisis et insuffisamment aménagés. Le traitement des déchets hospitaliers et sanitaires souffre du manque d’équipements appropriés et de personnel qualifié.

La latrine est le type de toilette le plus couramment utilisé : 10,3% des ménages utilisent des latrines couvertes et 26% de latrines non couvertes, contre 20,7% et 36,1% respectivement pour la région de Mamou. La région de Labé enregistre le pourcentage le plus élevé de ménages (52,8%) ne disposant d’aucune toilette contre une moyenne nationale de 25,9% (QUIBB 2002).

 
VIH / SIDA 
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Le VIH/SIDA est considéré comme un véritable fléau, une menace réelle capable d’affecter le développement socio-économique de la région. La pandémie touche la tranche active de la population et affecte presque toutes les couches socio-professionnelles, en particulier les routiers, les commerçants itinérants, les hommes en uniforme, la population carcérale, les jeunes et autres personnes fréquentant les maquis, bars et hôtels. En outre, il faut noter que l’importance des mouvements migratoires, particulièrement l’émigration masculine et le développement des échanges commerciaux avec les pays frontaliers constituent des facteurs aggravants.

Le taux de prévalence y est certes faible, comparé à d’autres régions du pays, mais il progresse d’année en année, en dépit des importants efforts de sensibilisation réalisés auprès des populations. En effet, la séroprévalence est passée de 1,6% en 2001 à 3,2% en 2004 (Rapport focus groupe santé, avril 2005).

Situation des cas de VIH/SIDA notifiés dans la région [haut]

Source : Rapport enquête SRRP Labé, août 2005

Dans le cadre de la perception du risque du SIDA par les populations, 86,10% des hommes et 83,20% des femmes savent que le SIDA est mortel, selon les résultats de l’enquête démographique et de santé (EDS) de 1999. Mais plus important, 13,50% des hommes et 23,80% déclarent connaître au moins une personne morte du SIDA. Malgré cette perception, 28% des hommes et 15% des femmes n’ont opéré aucun changement dans leur comportement ; 32,50% des hommes et 61,20% des femmes limitent leur relation sexuelle à un seul partenaire ; 24,65% des femmes et seulement 4,60% des hommes utilisent le condom pour prévenir le SIDA.

C’est dire que, dans le cadre de la prévention et de la lutte contre le VIH/SIDA, la région connaît tout de même un important déficit au niveau de la sensibilisation de la population. Les campagnes de sensibilisation couvrent mal la région ; elles renvoient à l’éternelle question de la disparité des interventions entre zones urbaines et zones rurales. Ainsi, les populations de plusieurs localités considérées comme inaccessibles sont abandonnées à elles-mêmes, dans une tragique ignorance sur la pandémie. Mais, même là où les campagnes sont réalisées, il arrive que les stratégies ou les méthodes ne soient pas suffisamment adéquates pour escompter un impact réel sur les groupes cibles.

Aujourd’hui encore, ce sont les aspects de dégradation et de déchéance physiques engendrées par le virus du VIH qui restent les plus perçus par les populations. Une perception qui est certainement à la base de l’amalgame qui consiste au rejet par la société de personnes reconnues séropositives. L’absence dans la région de centres de prise en charge approvisionnés en anti rétro viraux, condamne les personnes malades du SIDA à une mort clinique certaine.

 
Mutuelles de santé 
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(Source: Essentiel, Rapport d'évaluation externe. Projet d'appui aux mutuelles de santé en Guinée. Santé pour tous. Mai 2012.)

Les populations de la zone du Fouta Djallon disposent aujourd'hui de plusieurs mutuelles de santé. Il s'agit entre autres des mutuelles associatives qui sont intégrées dans un mouvement social, par exemple :

  • La Mutuelle des Groupements de Timbi Madina (MUTGM) a été mise en place pour ses membres par l’Union des Groupements de Timbi Madina (UGTM), affiliée à la Fédération des Paysans du Fouta-Djalon, qui est axée sur la culture de la pomme de terre. Cette mutuelle est également caractérisée par ses liens avec une structure de soins associative : le Centre Médical Associatif de Timbi Madina, issu de l’ancien Centre Médical Paysan, financé par ladite fédération.

  • La Mutuelle de l’Association des Unions de zones de Gongoré (MAUGO) a été créée par l’Association des Unions de la Zone de Gongoré. Elle est composée de 8 unions qui représentent plus de 37 groupements, majoritairement féminins, répartis sur l’ensemble de la sous-préfecture. Il s'agit donc essentiellement d'une mutuelle de femmes.

  • La mutuelle de Dalaba fut une l’initiative des membres des unions de femmes productrices de pommes de terre de Dalaba, sur le modèle de MUGTM susmentionnée. Elle est donc, elle aussi, une mutuelle principalement de femmes.

  • La mutuelle urbaine de Labé a été créée par la Fédération Préfectorale des Artisans du chef-lieu de la région de Labé (FEPAL), qui fut soutenue pendant plusieurs années par la coopération allemande (l’ex GTZ appelée aujourd’hui appelée GIZ). La mise en place de cette mutuelle a connu des débuts forts laborieux parce que la GTZ terminait à ce moment-là son programme local et que la plupart des groupements d'artisans ne réussirent pas à survivre.

Actuellement, ces mutuelles sont ouvertes à tous les habitants, qu'ils soient membres ou non des associations fondatrices. On constate néanmoins que les membres continuent à représenter un pourcentage substantiel des adhérents. A Dalaba, par exemple, 322 adhérents sur un total de 346 sont membres de l'Union des femmes productrices de pommes de terre.

Par ailleurs, on peut noter l’existence de plusieurs mutuelles communautaires qui relèvent d'initiatives des communautés locales. Les mutuelles communautaires sont habituellement organisées par des prestataires de soins, par exemple un système d'assurance visant à améliorer le recouvrement des coûts et à étendre le nombre de bénéficiaires dans la région concernée. Dans la zone du Fouta Djallon, on dispose actuellement de trois mutuelles de ce type :

  • La mutuelle de Maci concerne la population des districts de la commune de Maci (préfecture de Pita).

  • La mutuelle de Timbi-Tounny vise la population des districts de la commune de Timbi-Tounny (préfecture de Pita).

  • La mutuelle de Mitty bénéficie à la population des districts de la commune de Mitty (préfecture de Dalaba). Il s'agit d'une ancienne mutuelle accompagnée par la GIZ que le projet "Santé Pour Tous" (Essentiel) a accepté de redynamiser.

De plus, l'on peut noter deux mutuelles corporatistes qui sont en voie de constitution, à savoir:

  • La mutuelle universitaire, dont le groupe-cible est l'ensemble des étudiants et des enseignants avec leurs familles, et

  • La mutuelle scolaire qui vise les élèves, les enseignants et leurs familles, ainsi que les responsables du secteur de l'éducation dans la commune de Dalaba..

Pour compléter cette liste, on peut aussi noter l'existence de la Mutuelle pour la prise en charge des Risques liés à la Grossesse et à l’Accouchement (MURIGA). Ce système mis en place par le Fonds des Nations Unies pour la Population (FNUAP) consiste essentiellement à améliorer l’accès aux soins obstétriques liés à la reproduction.

Le taux de pénétration moyen sur la zone d’implantation des mutuelles a été de 2,23% en 2011. Il a été de 7,11% dans la zone de Timbi Madina (le meilleur score) et de 0,82 pour la FEPAL (le plus mauvais score). Ce dernier taux paraît faible et ce n’est pas un signe encourageant d'enracinement des mutuelles. Cependant on peut observer une progression au niveau de ces taux de 2008 à 2011. C’est un signe d’espoir. La norme du taux de pénétration dans la région est de 8% à 10%. Ce n’est qu’à ce niveau d’ancrage qu'une mutuelle devient vraiment un acteur important et durable voire incontournable dans le système de santé publique.

 
Liens 
[haut]

Blog réalisé pour le Ministère de la Santé de Guinée
http://mspguinee.blogspot.de/

Organisation Mondiale de la Santé (OMS) : Guinée
http://www.who.int/countries/gin/fr/

Projet "Santé Pour Tous" (Essentiel, ex Nantes-Guinée)
http://www.essentiel-international.org/

Organisation Nationale d'Appui à la Mutualité en Guinée (ONAM)
http://onam-guinee.jimdo.com/

 
Documents 
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OMS / MSP : Profil de Systèmes de Santé des Pays. République de Guinée (2005)
oms-msp-2005-profil-guinee.pdf  3,765 Mo

Bilivogui, Pépé : Rapport de la première session du Comité Technique Régionale de la Santé de Labé du 28 février au 4 mars 2009
bilivogui-2009-rapport-session-1-CTRS.pdf  1,534 Mo

OMS Guinée : Labé - Célébration de la journée africaine de la médecine traditionnelle (23 août 2009)
oms-2009-guinee-medecine-traditionnelle.pdf  619 Ko

Bilivogui, Pépé : Plan Régional de Développement Sanitaire de Labé (PRDS/LABE), 2010-2014
bilivogui-2010-plan-reg-dev-sanitaire-labe.pdf  1,272 Mo

Essentiel : Rapport d'évaluation externe. Projet d'appui aux mutuelles de santé en Guinée. Santé pour tous. Réalisé par Patrick Vanderhulst et Rémi Hilaire Olou (05/2012)
essentiel-2012-rapport-evaluation.pdf  686 Ko

Essentiel : Rapport d'évaluation externe. Projet d'appui aux mutuelles de santé en Guinée. Santé pour tous. Réalisé par Patrick Vanderhulst et Rémi Hilaire Olou (Annexe) (05/2012)
essentiel-2012-rapport-evaluation-annexe.pdf  1,564 Mo

OMS Guinée : Célébration de la journée de la santé 2013 (21 juin 2013)
journee-sante-2013.pdf  911 Ko

OMS Guinée : La lutte contre la fièvre hémorragique à Ebola en Guinée (26 août 2014)
oms-2014-lutte-fievre-ebola.pdf  1,097 Mo

 

 

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